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©D.R../../../../L.Aurouet.html

Si je t’aime, prends garde à toi !

Résumé :
Il y a des jours comme ça, où tout ce que les récits de notre enfance nous ont toujours glissé au creux de l’oreille se dissout brutalement dans la profondeur d’un regard. Maria rêvait d’un prince charmant qui lui donnerait des enfants. Juliette attendait que la vie ressemble aux songes un peu vains dont elle se nourrissait. Elle si réservée et solitaire, se laisse surprendre par le charme andalou de Maria qui résiste aux troubles d’une passion qu’elle ne comprend pas encore. Entre son propre jugement et la crainte de celui des autres, Maria s’empêtre dans le non-dit, parce qu’aimer Juliette ne fait pas d’elle une lesbienne. De Paris à Séville, Juliette et Maria esquissent les pas d’une histoire d’amour que les contes de fées ont oublié de nommer.

Extrait :
« Maintenant, assise en face de Maria, l’écoutant avec cette acuité qui est celle d’un autre désir, elle comprenait qu’elle était sous le charme. Elles était profondément séduite par cette femme et avait envie de la séduire à son tour. Cette pensée la fit frémir. Maria continuait son soliloque, loin de se douter de ce qui était en train de s’accomplir chez Juliette. Elle parlait sans retenue, maintenant, avec passion. Elle se racontait en toute confiance. Elle était belle quand elle se racontait ainsi. Son corps bougeait au son de sa voix, avec les mêmes modulations, les mêmes rythmes. Rien n’était jamais immobile chez elle, ce qui contrastait terriblement avec l’attitude de Juliette, occupée uniquement à la regarder et à l’écouter; De temps en temps, Juliette posait une question ou acquiesçait. Elle-même n’avait pas envie de parler. Elle se laissait glisser en toute quiétude sur les vagues du son de la voix de Maria. Elle goûtait le bonheur de se trouver avec elle et de sentir le plaisir que cela lui procurait. Il y avait bien longtemps que cela ne lui était arrivé, et c’était juste délicieux. »

Le mot de l’auteure :
«Depuis le début (c’est-à-dire environ depuis 2000 ans si vous voyez ce que je veux dire !) on nous berce avec des histoires de princesses et de princes qui s’aiment longtemps et ont beaucoup d’enfant. Eh bien on nous ment ! Mais ça, ça s’imprègne comme une mauvaise odeur, ça colle comme un vieil adhésif, ça résiste au lavage comme une vilaine tâche, bien loin de la fantaisie de la vie et du désir qui, dans sa joie à exister et à s’épanouir, se joue souvent de ces vieux contes. Parfois c’est une princesse qui en éveille une autre en posant sur ses lèvres le baiser de la renaissance. Ici s’arrête le conte et commence la réalité dans laquelle on peut se prendre les pieds, trébucher et aussi décider que la liberté d’être est le seul sens du chemin.  Il faut alors réinventer une nouvelle mythologie, plus ouverte, plus tolérante, où les fées s’avouent leur tendre penchant dans la lumière rayonnante d’une clairière de bois joli...»

Le mot de l’éditrice :
« Écartelée entre sa passion pour Juliette et sa peur du regard des autres, Maria s’égare, ne sait plus à quel saint se vouer. De l’amour ou de la morale, qui va l’emporter ? Car il n’est pas toujours facile de repousser ses limites, d’envoyer valser son passé, ses convictions et toutes les règles de vie et idées reçues que l’on nous a inculquées depuis l’enfance. Le roman de Laurence Aurouet provoque l’interrogation, au lecteur d’imaginer sa propre réponse. »

Biographie :
Un parcours éclectique et joyeusement bordélique ou la culture a pris la part du lion. Régisseuse dans le cinéma  et le spectacle pendant quinze ans, puis conceptrice-réalisatrice  multimédia, Laurence Aurouet est actuellement chargée de communication au sein d’une Fondation. Une saison andalouse est son premier roman.