Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
LES ENFANTS D’HÉLOÏSE
Hélène de Monferrand
Roman - 16,00 euros
ENFIN RÉÉDITÉ !
SORTIE 18 JUIN
544 pages - Collection Ceriselles
ISBN 978-2-914908-02-4
Ce qu'ils en pensent :
Lucille Cairns (USA) : « Ce roman a de multiples centres d’intérêt narratifs, parmi lesquels le développement de la subjectivité chez les enfants d’Héloïse, la conscience de plus en plus aiguë qu’a Mélanie de ses préférences lesbiennes, et les relations de leur mère Héloïse avec, d’abord sa compagne de longue date Erika et, ensuite, son amante clandestine Fedora. Héloïse reproche au freudisme d’être intellectuellement frauduleux, et se montre cynique envers la sexologie en général, rejetant avec force ses discours disciplinaires qui ont fait de l’homosexualité une pathologie. En même temps qu’elle vilipende les défauts de maintes théories sexologiques et psychanalitiques sur l’homosexualité, Monferrand pulvérise un certain nombre d’idées fausses qui priment dans l’imaginaire populaire (et même l’imaginaire lesbien) à propos du lesbianisme. À titre d’exemple, est mis en question le mythe de la lesbienne monogame pour qui le sexe vient loin derrière l’amour, et qui, à la différence de l’homosexuel masculin, veut connaître la personne avant de connaître ses organes génitaux. Ce roman compte parmi les rares ouvrages français dépeignant une famille composée d’enfants, d’une mère biologique et d’une mère “sociale”. » (extrait de Nouvelles écrivaines : nouvelles voies ?)
Ibiza News : « Les Enfants d'Héloïse marque une évolution évidente dans l'écriture d'Hélène de Monferrand. Ses héroïnes assumant dorénavant leur homosexualité, elles passent à autre chose et tournent le dos à la culpabilité pour mordre pleinement dans la vie. »
Extrait :
«- Les enfants, affirmait-elle, n'ont pas besoin de connaître la vie privée des adultes.
Erika, qui osait rarement donner son avis sur ce sujet, était restée silencieuse mais Héloïse, qui sentait son désaccord, avait ajouté :
- Je ne dis pas ça pour me débarrasser d'un problème gênant, mais parce que je désapprouve réellement ces parents qui font supporter à des enfants leurs soucis d'adultes. Cela dit, quand on me pose une question j'y réponds. Si un jour l'un d'entre eux vient me dire : " Maman, couchez-vous avec Erika ? ", je dirai oui. Mais je ne prendrai pas les devants avant longtemps. Qu'ils découvrent d'abord l'amour dans son sens le plus général et ensuite on parlera des détails.
Erika avait acquiescé tout en signalant qu'il ne faudrait pas se laisser prendre de vitesse. Si Héloïse elle-même ne donnait pas d'informations avec tout le tact nécessaire, qui sait s'ils n'apprendraient pas les mœurs de leur mère par un tiers ? Et dans quels termes ? »
Résumé :
C’est toujours avec ce style étonnement classique qui caractérise l’écriture d’Hélène de Monferrand que nous retrouvons les personnages de sa trilogie : Héloïse, Erika et leur famille. Le parti pris d’Hélène de Monferrand dès le premier roman était évident : rompre avec une écriture de la souffrance, du témoignage, de la culpabilité liée depuis toujours à l’homosexualité.
L’auteure aime les histoires à rebondissements ancrées dans l’actualité ou l’Histoire.
Ses héroïnes, lorsqu’elles décident d’assumer leur homosexualité, le font avec conviction, en toute quiétude ; si leur vie n’est pas simple, c’est qu’elle ne l’est pour personne.
Comme dans toute saga, les personnages au fil des romans prennent de l’épaisseur, de l’expérience, désormais familiers aux lecteurs/lectrices, leurs tics, leurs mots d’esprit, leurs réactions sont attendus à l’aune des liens déjà noués avec eux.
Reste qu’il n’est pas simple pour un couple de femmes d’élever des enfants : comment ne pas s’interroger sur ce qu’ils deviendront, sur ce qu’il convient de leur dire…
Et les enfants réservent plus d’une surprise à leurs mères.
Le mot de l'auteure :
« Quand j'ai écrit Les Amies d'Héloïse, en 1990, j'ai voulu délibérément raconter une histoire qui se terminait bien. En ce temps-là, à quelques rares exceptions près, les histoires d'amour homosexuelles finissaient mal comme si l'on voulait punir les personnages d'être ce qu'ils étaient, comme si l'on avait gardé la trace inconsciente des fins moralisatrices et gnangnans qui concluaient les romans libertins du XVIIIe siècle et auxquelles on sentait bien que l'auteur ne croyait pas.
Oui, mais un roman qui se termine bien demande une suite, c'était en tout cas l'avis de mes lecteurs (des lectrices, surtout), qui voulaient savoir ce qu'il y avait après le traditionnel : « Elles furent heureuses et élevèrent leurs enfants… » La question méritait non seulement qu'on la posât mais encore qu'on y répondît, ce que j'ai fait dans Les Enfants d'Héloïse. Elles furent donc heureuses, à peu près, firent des concessions au temps qui passe, s'égarèrent un peu parfois… et bien entendu furent dépassées par des enfants assez malins pour deviner ce qu'on ne leur disait pas encore sous prétexte que le moment idéal n'était pas venu. La vraie vie, en somme, celle des familles dites «recomposées», qui fait dire à l'un des enfants du livre : « Si Pyrrhus avait épousé Andromaque, il aurait fini par dire qu'Astyanax était un enfant mal élevé.»
Biographie :
Hélène de Monferrand a reçu le prix Goncourt du premier roman en 1990 pour Les Amies d'Héloïse, suivi du Journal de Suzanne puis des Enfants d'Héloïse. Elle est l’auteure d’un roman Retour à Sarcelles, a co-écrits deux policiers avec Élula Perrin : L'Habit ne fait pas la nonne, suivi de Ne tirez pas sur la violoniste et a participé aux nouvelles collectives Histoires qui fondent sous la langue… Le Début de la fin / La Fin du début, Belles d’époques et Transports amoureux.