Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
UNE SAISON ANDALOUSE
Laurence Aurouet
Roman - 19,00 euros
400 pages - Collection Ceriselles
ISBN 978-2-914908-45-0

Si je t’aime, prends garde à toi !
Ce qu'ils en pensent :
Media-G.net : « Assumer son homosexualité n’a jamais été quelque chose de simple et ce roman, prenant le prétexte d’une belle histoire d’amour entre une femme assumée et une autre qui n’a jamais aimé d’autres femmes auparavant, est là pour en témoigner. Si l’auteure n’omet aucune des questions que l’on se pose lorsque l’on se découvre homosexuel – la crainte d’être rejeté par la famille, la crainte du quand dira-t-on, le positionnement à construire vis-à-vis du mode de vie familial hétérosexuel – elle trouve un angle de vue original en se plaçant non derrière celle qui vit dans le placard mais derrière la femme qui elle, assume parfaitement ce qu’elle est et qui souffre de la situation, par ricochet, dans toutes les circonstances de la vie quotidienne. Très lentement, l’auteure nous fait basculer de la légèreté des premiers mois d’amour à l’angoisse qui pèse sur le couple, et en particulier Juliette, de ne pas se trouver d’avenir derrière l’impasse du placard. Les dernières pages du roman sont magnifiquement écrites, orageuses et tendues. Parce que Juliette, qui a tout accepté jusque-là, craque, la rage au cœur, mais se rend compte qu’elle ne peut contraindre Maria à ouvrir la porte de son placard. Un aveu d’impuissance qui sonne comme un aveu de rupture. »
La Référence (Québec) : « Laurence Aurouet nous offre avec ce premier roman une réflexion sur la difficulté de se découvrir lesbienne. Sur la transition difficile entre une hétérosexualité qui va de soi et une homosexualité que l’on doit encore dissimuler aujourd’hui. Elle nous décrit à la perfection les questions et les doutes d’une femme amoureuse d’une autre femme mais qui n’a pas le sentiment d’être lesbienne. Mais faut-il toujours mettre des mots sur des sentiments, surtout quand on aime ? Au-delà des questions qui tourmentent Maria, Laurence Aurouet nous propose à travers le regard de Juliette, lesbienne assumée, les tourments d’une femme qui a déjà parcouru cette périlleuse sortie du placard et qui redoute plus que tout de voir la porte se refermer sur ses espoirs. »
Résumé :
Il y a des jours comme ça où les récits de l’enfance chavirent dans la profondeur d’un regard.
Maria rêvait d’un prince charmant qui lui donnerait des enfants. Juliette attendait que la vie ressemble aux songes un peu vains dont elle se nourrissait quand elle se laisse surprendre par le charme andalou de Maria.
Maria résiste aux troubles d’une passion qu’elle ne comprend pas encore. Entre jugement et non-dit, liberté et conformisme, elle trébuche sur ses contradictions.
De Paris à Séville, Juliette et Maria esquissent les pas d’une histoire d’amour que les contes de fées ont oublié de nommer.
Extrait :
« Maintenant, assise en face de Maria, l’écoutant avec cette acuité qui est celle d’un autre désir, elle comprenait qu’elle était sous le charme. Elles était profondément séduite par cette femme et avait envie de la séduire à son tour. Cette pensée la fit frémir. Maria continuait son soliloque, loin de se douter de ce qui était en train de s’accomplir chez Juliette. Elle parlait sans retenue, maintenant, avec passion. Elle se racontait en toute confiance. Elle était belle quand elle se racontait ainsi. Son corps bougeait au son de sa voix, avec les mêmes modulations, les mêmes rythmes. Rien n’était jamais immobile chez elle, ce qui contrastait terriblement avec l’attitude de Juliette, occupée uniquement à la regarder et à l’écouter; De temps en temps, Juliette posait une question ou acquiesçait. Elle-même n’avait pas envie de parler. Elle se laissait glisser en toute quiétude sur les vagues du son de la voix de Maria. Elle goûtait le bonheur de se trouver avec elle et de sentir le plaisir que cela lui procurait. Il y avait bien longtemps que cela ne lui était arrivé, et c’était juste délicieux. »
Le mot de l’auteure :
«Depuis le début (c’est-à-dire environ depuis 2000 ans si vous voyez ce que je veux dire !) on nous berce avec des histoires de princesses et de princes qui s’aiment longtemps et ont beaucoup d’enfant. Eh bien on nous ment ! Mais ça, ça s’imprègne comme une mauvaise odeur, ça colle comme un vieil adhésif, ça résiste au lavage comme une vilaine tâche, bien loin de la fantaisie de la vie et du désir qui, dans sa joie à exister et à s’épanouir, se joue souvent de ces vieux contes. Parfois c’est une princesse qui en éveille une autre en posant sur ses lèvres le baiser de la renaissance. Ici s’arrête le conte et commence la réalité dans laquelle on peut se prendre les pieds, trébucher et aussi décider que la liberté d’être est le seul sens du chemin. Il faut alors réinventer une nouvelle mythologie, plus ouverte, plus tolérante, où les fées s’avouent leur tendre penchant dans la lumière rayonnante d’une clairière de bois joli...»
Le mot de l’éditrice :
« Écartelée entre sa passion pour Juliette et sa peur du regard des autres, Maria s’égare, ne sait plus à quel saint se vouer. De l’amour ou de la morale, qui va l’emporter ? Car il n’est pas toujours facile de repousser ses limites, d’envoyer valser son passé, ses convictions et toutes les règles de vie et idées reçues que l’on nous a inculquées depuis l’enfance. Le roman de Laurence Aurouet provoque l’interrogation, au lecteur d’imaginer sa propre réponse. »
Biographie :
Un parcours éclectique et joyeusement bordélique ou la culture a pris la part du lion. Régisseuse dans le cinéma et le spectacle pendant quinze ans, puis conceptrice-réalisatrice multimédia, Laurence Aurouet est actuellement chargée de communication au sein d’une Fondation. Une saison andalouse est son premier roman.