Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
PERSONNE NE DORT
Isabel Esteban
Roman - 15,50 euros
304 pages - Collection Ceriselles
ISBN 978-2-914908-38-2
Dire, c’est revivre un peu
Ce qu'ils en pensent :
Média G : « L'auteure a su concilier deux genres pourtant réputés difficilement conciliables; elle éclaircit un pan d'histoire toujours tabou et accorde, dans un style sobre, pur et délicat, une intensité magique aux scènes d'amour entre ces deux femmes.»
Librairie Violette & Co : « Avec brio, l'auteure trie les fils d'un nœud où sont emmêlés les désirs personnels, les secrets familiaux et l'Histoire. Une grâce et un talent exceptionnel pour ce premier roman. »
Adventice : « Personne ne dort est un chef d'œuvre ! Ce livre mené de main de maître a plus d'un atout dans ses pages.»
Lesbia Mag : « Ce roman vaut d'abord par son écriture remarquable, mais aussi la description des caractères, des sentiments et de l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble. »
Le coin des lecteurs :
Sophie-Charlotte : « Je recommande à toutes la lecture du premier roman d'Isabel Esteban, si agréable à lire, si enlevé, si plein d'imprévus, et qui nous renvoie aux heures sombres de l'histoire de l'Espagne. »
Laetitia : « Beau, troublant, un roman qui a plus d'une corde à son arc... »
Extrait :
« C'est une attente lente et dense. J'ai les deux pieds bien campés sur le sable, adossée au muret. Au-dessus de la mer, les nuages s'étirent en rose et orange, avec un bleu de nuit qui s'immisce entre les franges de couleurs vives. Lola est arrivée, aérienne dans sa jupe blanche, un peu nonchalante, parce que la résistance du sable creuse le déhanché. De loin, j'ai multiplié cette souplesse des tissus autour d'elle, jupe, foulard pris dans la tramontane, cheveux malmenés et larmes aux commissures des yeux. Juste pour le plaisir de donner de l'ampleur à cette oscillation de la jupe, de gauche à droite, ou plaquée entre les jambes, glissant à droite, glissant à gauche à chaque pas, obstinée à dessiner les jambes de l'intérieur. La rondeur des cuisses se voile pudiquement sur l'arrière et revient tendre le coton blanc, entêté, vers moi. Le visage se baisse un peu, se relève, cherche une inclination naturelle, chasse une mèche inventée, replonge vers le sable. Lola vient vers moi, et je mesure à son pas tranquille et ferme la décision qui l'habite. Quelque chose en moi l'appelle, un point irradiant, que je sens descendre vers le ventre. »
Résumé :
La valse à quatre temps : 1/ Julia rencontre Lola, elles esquissent une approche. 2/ Lola avance et encourage Julia à découvrir l’histoire de ses grands-parents espagnols. 3/ Julia hésite, se tait, recule. 4/ Julia libèrera-t-elle la parole pour soulever les pavés du souvenir et découvrir la plage de l’avenir ? Et se laisser entraîner par le tourbillon de la vie et de l’amour ?
Le mot de l'auteure :
« C'est vrai qu'avant tout, je cherchais une musique. Pas quelque chose de compliqué, non, une promenade de notes que j'aurais pu mettre sur la plage d'Argelès. Je l'imaginais filmée en hiver, avec en surimpression les photos d'une histoire ancienne, en noir et blanc : hiver 1939, déroute des Républicains Espagnols. Une mélodie pour une promenade d'hiver.
Curieusement le roman est largement estival, puisque c'est dans l'été 1989 que Julia commence à fouiller cette plage, et avec la plage, ses propres désirs, et avec ses désirs, le poids d'une mémoire familiale qui l'empêche de respirer large.
Pour moi écrire un roman, c'est moins m'atteler à raconter une suite d'événements, que capter une musique propre par laquelle peu à peu l'histoire prend forme. Et il faut du temps pour que le style vienne faire tenir debout le personnage. Qu'il ait ensuite quelque chose à me raconter. J'ai pris le temps. Et c'est dans ce temps-là que l'épaisseur de la mémoire a travaillé : celle de Julia qui livre un pan de sa vie, celle, plus vague et indémêlable, des grands-parents espagnols. Et toute cette envie de dire et de vivre est déclenchée par une femme dont Julia croise la route.
Une qui prétend savoir que faire de sa mémoire, et des déroutes historiques. Une qui secoue les silences. Une qui parle, tant, parfois que c'en est insupportable.
Certaines rencontres sont des commotions - celles qui nous révèlent et le monde et nous-même.
Voilà, je crois que c'est l'histoire d'une commotion ordinaire. »
Le mot de l'éditrice :
« Quel plaisir de se laisser aller au rythme de cette valse, tantôt lente, légère, presque hésitante dans les amours, tantôt tourbillonnante et tourmentée dans les interrogations. Et quel délice d’en savourer la grâce, la musique délicate, sobre et émouvante ! »
Biographie :
Isabel Esteban est une fille de la Méditerranée, rendue aux charmes du Morvan. Elle partage ses plaisirs et ses jours avec sa fille et d'autres. Elle aime la musique et les mots des vies qui se racontent. C'est une des raisons pour lesquelles, quand le besoin la prend, elle écrit.
