Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
Ceriselles, la collection de littérature lesbienne des éditions de La Cerisaie
INGRID ET EVA
Brigitte Ourlin
Roman - 10,00 euros
ÉPUISÉ
96 pages - Collection Ceriselles
ISBN 2-914908-35-0
Elles n'auraient jamais dû se rencontrer, et pourtant,
elles ont vécu là les plus belles heures de leur vie.
Ce qu'ils en pensent :
Adventice : « Un livre qui vous prend à la gorge, vous arrache mille et une émotions, et qui vous fait vibrer jusqu'à la dernière page. »
Actugay.be (Belgique) : « Une histoire d'Amour si belle, si forte, que cela peut vous laisser sans voix. Belle non pas dans sa finalité, mais dans la force de l'Amour. Ce livre vous arrachera les émotions enfouies en vous, et risque bien de vous faire vibrer et vous prendre... là où ça fait mal !»
Lesbia Mag : « Dans le roman de Brigitte Ourlin tout le monde reconnaîtra l'histoire vraie d'Aimée et Jaguar. Mais l'auteur s'est attachée à traiter essentiellement l'aspect sentimental de l'histoire et à nous la montrer du point de vue de celle qui n'a pas survécu et n'a donc pas pu témoigner. Eva fait partie de ces juifs clandestins de Berlin qui n'ont jamais pu (ou jamais voulu dans certains cas) s'enfuir à temps. Elle vit avec de faux papiers, se terre avec d'autres membres de sa communauté, jusqu'au jour où elle fait la connaissance d'Ingrid, mariée à un officier sur le front russe et mère de quatre enfants. Eva est juive et lesbienne, Ingrid est « aryenne » et hétéro, ce qui ne les empêchera pas de s'aimer. Brigitte Ourlin écrit très bien, simple, clair. Tout ce qu'on aime .»
Extrait :
« Je sais juste que Varvara, ma grand-mère à la voix si douce, qui me chantait la vie, l'amour, les souffrances de son peuple, cette voix s'est tue, écrasée par la haine, écrasée par leurs bottes énormes, bottes couvertes du sang des millions de morts déjà, et ceux à venir, et moi.
Varvara, ma tendresse, ma cruauté de ne pas avoir su te sauver de leurs griffes. Varvara, je voudrais encore entendre ta voix au creux de moi, là où mon amour de toi restera si doux, si entier, éternel amour de toi, tendresse de la terre.
Ingrid m'a bercée toute la nuit, caressant de ses mains si douces mon visage déplorable, mes larmes qui pleuraient une vie, la vie. Ingrid, seule raison qui me retient encore au bord du pont, avant de te rejoindre sous le train, Varvara. Toi qui n'aimais que l'amour, tu comprendras que je m'attarde un peu ici-bas pour tenir le bras de celle que j'aime, me rouler dans ses caresses, découvrir ses douceurs humides et ses cris, cet instant évanoui, si présent.
Le corps de Varvara jeté à la fosse commune, seule pour ce dernier voyage. Femme si douce qui a dû braver tous les interdits pour oser ainsi se dérober à ses bourreaux, que j'aimerais avoir son courage le moment venu, moment à venir. Ingrid dit que non, que nous traverserons ces années, qu'il faut tenir, pour être là ensuite, et dire ces vérités terribles sur ce qui sera advenu, que les enfants se souviennent des folies meurtrières de leurs parents, que seul cela pourra interdire aux bottes de revenir. »
Le mot de l'auteure :
« C'est bien sûr l'histoire d'Aimée et Jaguar - notamment le reportage vu sur Arte voici quelques années - qui m'a donné l'envie d'écrire sur ces deux femmes. Tout les opposait, elle n'auraient même pas dû se croiser et pourtant l'amour a vaincu ces barrières pour leur faire vivre le plus beau moment de leur vie. Je n'ai pas souhaité mettre ma plume dans l'histoire, celle qu'on écrit avec un H, mais entrer dans l'intime que sont le journal et les lettres. Ceci pour tenter de trouver, d'inventer les sentiments, les émotions, les pensées de cette jeune femme, juive, lesbienne qui rencontre cette jeune Allemande, conformiste. De leur rencontre naît l'amour, celui à qui on peut mettre un A, et malgré tout, audacieuses et libres, elles le vivent, jusqu'au bout, jusqu'à la mort pour Eva qui ne reviendra pas des camps. Ingrid survivra et témoignera pour toutes celles qui n'auront pas eu la parole. Écrire sur leur histoire c'est aussi donner voix à toutes celles qu'on a fait taire. »
Le mot de l’éditrice :
« L’émotion est dans chaque phrase, rendue d’autant plus intense par le contexte historique et dramatique de cette merveilleuse histoire d’amour. Un livre réellement poignant, servi par le talent de Brigitte Ourlin qui, du bout des mots, avec pudeur et justesse, touche à l’intime, à l’essentiel. »
Biographie :
Après des études de psychologie, des années à travailler dans le marketing puis dans la téléphonie sociale au service de la lutte contre le sida, Brigitte Ourlin est aujourd’hui correctrice. L’écriture et la peinture restent ses centres d’intérêts essentiels. Elle est l’auteure des Couleurs Marine (épuisé) et à participé à tous les recueils de nouvelles collectives de La Cerisaie.
